Jeudi 2 avril 2009 à 20 h 30, Médiathèque Assia Djebar
Gilles CLEMENT (voir un portrait vidéo sur son blog) est jardinier avant d’être paysagiste. “D’abord parce que je possède un jardin et que j’ai les mains dans la terre un grand nombre de jours par an. Ensuite, parce que je considère la planète comme un jardin, rempli de paysages sur lesquels nous intervenons. Alors, seulement, nous sommes des paysagistes” (extrait d’un entretien pour la revue “Paysages Actualités”).
Ingénieur horticole, il est aussi botaniste ou encore entomologiste. “Je considère que l’on a perdu la connaissance du vivant alors qu’elle est l’essence de notre métier. Le fait que les amateurs éclairés connaissent mieux la botanique que les professionnels est un fait avéré. Claude Figureau, botaniste émérite, donne des cours devant des salles pleines, mais de particuliers”.
Il est également théoricien du paysage et a inventé les concepts désormais célèbres de ”jardin planétaire”, “tiers-paysage” et “jardin en mouvement”. “Pourquoi un jardinier n’aurait-il pas le droit de réfléchir ? C’est même parce qu’on est jardinier qu’on se pose des questions. On est face à un lieu dont on doit s’occuper. On doit donc prendre des décisions. Les réflexions du “jardin en mouvement” sont nées, en partie, parce que je ne voulais plus entendre le bruit des machines d’entretien. Je ne veux pas être esclave de mon jardin, mais en même temps, il doit rester un lieu d’expression des espèces. J’ai bien été obligé de réfléchir !”.
Il développe dans ses nombreux ouvrages (beaucoup sont disponibles à la Médiathèque Assia Djebar) son respect pour la diversité du vivant : “… je n’aime pas entendre le bruit de l’eau que l’on fait couler mais celui de l’eau qui coule. Ce qui m’intéresse, c’est le moteur biologique de la nature et non ces artifices qui consistent à vouloir la recréer. Lorsque l’on fait un jardin, il faut travailler le plus possible avec elle et faire en sorte d’insuffler à l’entretien futur l’énergie la plus faible possible, laisser faire la nature en tant que cosignataire. De même, les politiques devraient, parfois, prendre la décision du non-aménagement et protéger des lieux qui évolueront seuls et apporteront tant de richesses. Les Allemands le font à Fribourg”.
Il enseigne à l’Ecole supérieure du paysage de Versailles et était membre du jury de fin d’études de Benjamin Chambelland (l’un des 2 paysagistes impliqués dans le projet Cambon, bien connus des Caychacais…).