Le Service minimum d’accueil …
Profitant des vacances scolaires, le ministre Mr Darcos a fait voter une loi instaurant un service minimum d’accueil lors d’absence imprévisible d’enseignants en école primaire.Cette loi a été faite sans aucune concertation ni avec les syndicats d’enseignants ni avec les fédérations de parents d’élèves ni avec les communes.
Ce passage en force démontre une absence totale de considération autant vis-à-vis des enseignants et parents d’élèves que vis-à-vis des élus voire une certaine provocation.Le gouvernement devrait revoir sa copie : toutes les mobilisations sont faites pour garantir une qualité d’enseignement public et le gouvernement réplique par une attaque au droit de grève …
Quels enseignements en tirer ?
Tout d’abord, un effet briseur de grève :
- L’état oblige les collectivités à se substituer à lui. Substituer des fonctionnaires d’état par des fonctionnaires territoriaux est la meilleure voie pour monter les uns contre les uns d’autant plus quand les compensations financières seront issues des retenues faites sur les salaires des enseignants grévistes (et oui les enseignants comme tous les fonctionnaires ne sont pas payés durant leur mouvement de grève et ce depuis tout temps, n’en déplaise à certains de l’opposition qui sont assez naïfs pour croire encore à cette légende ….)
- Et puis ce SMA vide la grève de tout son intérêt.
Mais surtout
Un dénigrement de la mission éducative de l’école :
Cette institution ne serait elle donc qu’une garderie ? Cela a l’air si simple selon Mr Darcos de remplacer les enseignants, n’importe quelle personne peut le faire … pourquoi n’assure-t-il donc pas alors ce service avec les moyens qu’il a dans son personnel ?… Mais non, il préfère se défausser sur les collectivités locales, une fois de plus !
Un dénigrement du personnel même de l’éducation nationale :
Obliger les enseignants à se signaler gréviste 48h avant. Cela laisse entendre que les instits ne préviennent jamais et que les parents se retrouvent face à une porte close de l’école lors des jours de grève. C’est un déni total de la qualité des relations actuelles entre les différents partenaires gravitant autour de l’enfant (personnels éducation nationale, services municipaux, élus, parents d’élèves …)
Un dénigrement de l’enfant même :Aucune norme exigée pour l’accueil des enfants dans le cadre de ce SMA alors que les conditions d’encadrement dans les centres aérés sont règlementés : un adulte pour 8 enfants en maternelle et là on nous parle d’une indemnité par tranche de 15 enfants et on précise la non nécessité de qualification … juste que la personne ne soit pas fiché en tant que délinquant sexuel !!! encore heureux !
Enfin la solution idéale serait de développer une solidarité et non pas d’opposer le corps enseignants aux communes alors que tous ont le même intérêt le citoyen de demain qu’est l’enfant … Je vois mal comment sur le fond et la forme, nous pourrions en tant qu’élus être en accord avec Mr Darcos. Que l’Etat joue son rôle et assure sa mission sans faire reposer ses défaillances aux communes …
Il ne faut pas oublier qu’à terme on peut imaginer comme cela est prévu dans la loi que les municipalités soient obligées de pallier aux absences des enseignants malades … et voilà comment on cautionnerait la disparition des postes de remplaçants ! Où va-t-on ? En tout cas pas dans le sens de mon engagement politique basé sur des notions de solidarité, de service public de qualité …
Et c’est pour toutes ces raisons que nous avons proposé une motion au conseil municipal du 29 septembre contre ce service minimum d’accueil tel qu’il est présenté … et c’est pour cela que la majorité a voté pour cette motion
Télécharger la motion au format Word
Au demeurant; toutes ces mesures visent à suspendre le droit de grève et par delà tous les avantages et droits pour lesquels nos grands parents, parents et nous mêmes , nous sommes battus.